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17 avril 2006

Beckett et les mots

Quand je pense que Corneille utilise six mille mots, Racine mille cinq cents et que Beckett s'en contente de sept cent cinquante !

Jean-Louis Barrault cité par Télérama - n° 2935 du 12 avril 2005, article de Gilles Macassar "La parole mise à nu, Beckett"

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22 août 2005

L'internet littéraire et francophone

Tel était le sujet des Colloques de Cerisy du 13 au 20 août derniers.

Plusieurs sites sont mentionnés dont remue.net.

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27 mai 2005

Dieu et grammaire

Je crains que nous ne puissions nous débarrasser de Dieu, parce que nous croyons encore à la grammaire...

Friedrich Wilhelm Nietzsche in Crépuscule des Idoles - La raison dans la philosophie

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26 mai 2005

De epistolis

Florilettres

La Fondation La Poste propose de recevoir gratuitement une lettre d'information culturelle, FloriLettres, consacrée à l'actualité littéraire et au patrimoine de la correspondance. Un vrai plaisir de lire, deux fois par mois.

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19 mars 2005

Traduire Homère

C' est un usage immémorial parmi les traducteurs, de relever l' excellence de l' auteur qu' ils traduisent.
Ils prétendent justifier leur goût, en prouvant la perfection de l' original qu' ils ont choisi ; et ils recommandent en même tems leur propre ouvrage, où ils se flatent d' avoir fait passer les mêmes beautés qu' ils font valoir.
On s' attend sans doute sur cet usage, à trouver ici le panégyrique d' Homere : mais outre que je le traduis moins que je ne l' imite, et qu' ainsi l' usage des traducteurs ne fait point de loi pour moi, j' ai crû encore que rien ne pouvoit autoriser les exagérations ; que le vrai mérite étoit de reconnoître les défauts par tout où ils sont ; que d' ailleurs les fautes des grands hommes sont les plus dangereuses, et qu' il est d' autant plus important de les faire sentir, que bien des gens font gloire de les renouveller. Ce discours ne sera donc point un éloge d' Homere, mais seulement une dissertation, ou si je l' ose dire, un essai de poëtique, où je dirai naïvement ce que je pense de l' iliade et de son auteur.

La Motte, Antoine Houdar de (1672-1731) in Discours sur Homère

Voltaire, aimable, écrivit de lui : « Il prouva que dans l’art d’écrire on peut être encore quelque chose au second rang. »

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06 mars 2005

Lire et écrire

« Jeune, j'étais plus attiré par le roman que par la poésie, je lisais des auteurs comme Giono. J'ai d'ailleurs entrepris d'écrire des romans, mais une fois retombée l'exaltation des débuts de chapitre, je me retrouvais à court d'inspiration. Je confondais ce que j'aimais lire et ce que j'aimais écrire. »

Paul de Roux dans une interview accordée à Jacques Morice journaliste à Télérama

On peut lire un poème de Paul de Roux sur Poezibao

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03 décembre 2004

Lettres et polices

Ident

Un site original, Identifont , sur lequel on vous pose des questions aidant à trouver ou retrouver une police de caractères. D'autres références sont mentionnées sur le site Creative Bits .

 

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04 juillet 2004

Ecrire web

Cortexte Communications, petite entreprise canadienne, propose notamment, dans les archives de son site des textes consacrés à différentes "théories" relatives à l'écriture web.

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27 juin 2004

Avant que d'écrire une lettre...

La structure d'une lettre au Moyen-Age :

l'introduction (salutatio)
l'accaparement de la bienveillance du lecteur (captatio benevolentiae)
l'objet de la lettre (narratio)
la requête (petitio)
la conclusion (conclusio)

Cinq parties conformes aux règles de l'art oratoire.

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24 avril 2004

Conseils de Charles Baudelaire à ses frères d'écriture

Aujourd'hui, il faut produire beaucoup ; il faut donc aller vite ; il faut donc se hâter lentement ; il faut donc que tous les coups portent, et que pas une touche ne soit inutile. Pour écrire vite, il faut avoir beaucoup pensé, avoir trimbalé un sujet avec soi, à la promenade, au bain, au restaurant, et presque chez sa maîtresse. E. Delacroix me disait un jour : « L'art est une chose si idéale et si fugitive, que les outils ne sont jamais assez propres, ni les moyens assez expéditifs. » Il en est de même de la littérature ; je ne suis donc pas partisan de la rature ; elle trouble le miroir de la pensée. Quelques-uns, et des plus distingués, et des plus consciencieux, Edouard Ourliac, par exemple, commencent par charger beaucoup de papier ; ils appellent cela couvrir leur toile. Cette opération confuse a pour but de ne rien perdre. Puis, à chaque fois qu'ils recopient, ils élaguent et ébranchent. Le résultat fût-il excellent, c'est abuser de son temps et de son talent. Couvrir une toile n'est pas la charger de couleurs, c'est ébaucher en frottis, c'est disposer des masses en tons légers et transparents. La toile doit être couverte en esprit au moment où l'écrivain prend la plume pour écrire le titre. On dit que Balzac charge sa copie et ses épreuves d'une manière fantastique et désordonnée. Un roman passe dès lors par une série de genèses, où se disperse non seulement l'unité de la phrase, mais aussi de l'oeuvre. C'est sans doute cette mauvaise méthode qui donne souvent au style ce je ne sais quoi de diffus, de bousculé et de brouillon, le seul défaut de ce grand historien.
Charles Baudelaire in Conseils aux jeunes littérateurs aux Editions du Boucher

Au mitan du XIXème, Baudelaire, Delacroix et d'autres - Théophile Gautier, Gérard de Nerval - se retrouvaient dans les salons d'un hôtel particulier de l'Ile Saint-Louis pour participer aux séances du club
des *haschichins* ( mangeurs de haschich ), dont - Théophile Gautier écrit - "nous faisions partie et que nous avons décrites ailleurs avec leurs extases, leurs rêves et leurs hallucinations, suivis de si profonds accablements."

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07 mars 2004

Homographes hétérophones

Les poules du couvent couvent.

Les présidents président.

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04 novembre 2003

Mots composés

Tantôt, quelqu'un me demandait comment écrire "tout-terrain". Une diligente enquête me permet de dresser le constat que :
Dans le Robert pour tous - écrit avec le concours de l'illustrissime Alain Rey - est mentionnée au mot terrain la locution adjective invariable : tout terrain ou tout-terrain.

L'estimable Dictionnaire Flammarion de la langue française propose la locution adjective tous-terrains.

Comme dit l'autre : - Pfff, c'est un troll ce truc !

Pour paraphraser Daniel Lehman et Eric Angelini, les subtils auteurs du Bestiaire ébloui des lexies tèratoîdes, la question constitue l'un des ponts aux ânes les plus ardus de la grammaire française...

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19 octobre 2003

Dictionnaire de l'Académie Française Première édition 1694

Le CNRS met en ligne ce bijou.

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Petit glossaire du bibliophile et de l'amateur de livres

Un bout de site
sympa grâce auquel on apprend ce qu'est une reliure janséniste ou encore une justification - aucun lien avec l'angliscisme connu des utilisateurs de Word -.

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02 septembre 2003

Borges : livres et écriture

Dans L'art de poésie (Arcades Gallimard), recueil de conférences que Jorge Luis Borges prononà§a à Harvard en 1967, on peut lire :

"Je me souviens que Berkeley, l'évêque Berkeley [...] a écrit que la saveur d'une pomme ne se trouve ni dans la pomme - la pomme ne peut se goûter elle-même - ni dans la bouche de celui qui la mange. Pour être perà§ue elle exige un contact entre les deux. Il en est de même pour un livre, un ensemble de livres, une bibliothèque. Qu'est-ce qu'un livre en lui-même ? C'est un objet physique dans un monde d'objets physiques. C'est une série de symboles sans vie. Si le bon lecteur se présente, les mots - ou plutôt la poésie qui est derrière les mots car les mots eux-mêmes ne sont que des symboles - reprennent vie et nous assistons à une résurrection du verbe."

Le mot verbe a son importance car Borges dit - ce sont des conférences - un peu plus tard :

Pour autant qu'il m'en souvienne, les grecs ne faisaient pas grand usage des livres. C'est un fait que la plupart des maîtres à penser de l'humanité n'ont pas recouru à l'écrit mais à la parole.

La dernière conférence de ce recueil - intitulée Le credo d'un poète - contient, entre autres, ces mots :

"Dans ma jeunesse, je croyais à l'expression [...]. Je souhaitais exprimer toute réalité. Par exemple, s'il s'agissait d'un coucher de soleil, je croyais qu'il me fallait chercher le mot exact pour l'exprimer, le mot ou plutôt la plus surprenante métaphore. Aujourd'hui, j'en suis arrivé à ceci (cette conclusion peut sembler triste) : je ne crois plus en l'expression, je ne crois qu'en l'allusion. Après tout que sont les mots ? Les mots sont des symboles qui représentent des souvenirs que nous partageons avec les autres. Si j'emploie un mot, ce mot n'a de sens pour vous que si vous avez l'expérience de la réalité qu'il représente. Autrement il ne vous dira rien. On ne peut donc, je crois, que faire allusion, c'est-à -dire aider le lecteur à imaginer.

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