Tel est le titre d'un article du journal les Echos en date du 6 mai 2009.
On continue, ailleurs, de parler de fusion entre Metrovacesa et Gecina.
Extraits :
... peu avant la tenue du conseil d'administration, le comité d'entreprise a transmis aux administrateurs un rapport dont les nouveaux éléments ont alimenté la controverse sur la gestion du PDG de la société.
Le comité d'entreprise de Gecina, réuni hier matin peu avant le conseil d'administration, a fait de nouvelles révélations de nature à renforcer les suspicions sur la gestion du PDG de la société, Joaquin Rivero. On ignorait jusqu'à présent qui se cachait derrière Bamolo, une société luxembourgeoise implantée en Espagne à laquelle Gecina a fait une avance très controversée de 60 millions d'euros. Or, selon l'enquête du CE, l'actionnaire de Bamolo est une société nommée Gramono, domiciliée au Luxembourg, à la même adresse que l'un des holdings de Joaquin Rivero, nommé Quimafa. Le PDG de Gecina détient, par ailleurs, une société holding presque homonyme, Gramano, basée aux Pays-Bas. Ces informations ne prouvent pas formellement que Bamolo appartient à Joaquin Rivero, mais devraient conduire à un éclaircissement rapide de la question. Un tel lien ne serait pas une première : Bami, une autre société dont Gecina a racheté en février 49 % à un prix (108 millions d'euros) jugé surévalué par certains, appartient au PDG de la foncière.
Celui-ci n'a pas assisté à la réunion du CE, et l'affaire Bamolo n'a pas été commentée par les membres de la direction présents, dont le directeur général délégué Antonio Truan et l'adjoint au directeur financier. Isolé depuis un an et demi dans ses enquêtes et ses alertes sur la gestion de Gecina - seul un administrateur indépendant, Antoine Jeancourt-Galignani, a régulièrement fait écho à ses questions -, le CE a accru d'un cran la pression sur le conseil en remettant hier à chaque administrateur son rapport. Finalisé avec l'aide du cabinet Secafi Alpha, il revient sur les quatre opérations jugées suspectes (dont Bamolo) et qui avaient été dénoncées en juin 2008 par un droit d'alerte. La saisie du conseil signifie que le comité d'entreprise compte l'interroger directement à l'avenir, les réponses de Joaquin Rivero n'ayant pas été jugées satisfaisantes...
...Cette démarche arrive à point nommé : à l'ordre du jour du conseil d'hier après-midi, qui devait se poursuivre jusque tard dans la soirée, figurait justement la plainte au pénal déposée en avril par l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) pour des opérations (dont celles évoquées par le CE) « pouvant être qualifiées pour certaines d'abus de biens sociaux ». En outre, la composition du conseil a évolué : le principal actionnaire de Gecina, la foncière espagnole Metrovacesa (27 % du capital), a changé de main et appartient désormais à un pool de banques. Il a réclamé une meilleure représentation au conseil, où Metrovacesa n'a qu'un siège, et ouvert les hostilités envers Joaquin Rivero, en demandant lundi au tribunal de commerce de plafonner ses droits de vote et ceux de son partenaire Bautista Soler lors de la prochaine assemblée générale de Gecina (« Les Echos » du 5 mai).
Côté actionnaires, d'autres types d'action pourraient suivre. En assemblée générale d'abord, où pourrait être proposé au vote un nouvel administrateur, différent du choix actuel de Joaquin Rivero, pour remplacer Antoine Jeancourt-Galignani, dont le mandat expire. Enfin, de nouvelles procédures juridiques pourraient être entreprises, comme celle qui viserait à remettre en cause la validité du vote en février de l'achat de Bami. « On ignore aujourd'hui où en est l'achat de Bami, s'il a été finalisé, et la régularité du vote est une bonne question, remarque un proche du dossier. Si une opération est irrégulière, elle peut être annulée ».
Dans un communiqué, hier, le CE a rappelé son isolement, constatant « avec grand regret que les organes de direction ou de contrôle interne et externe n'ont pas fonctionné », une référence tant aux commissaires aux comptes (Mazars et Pricewaterhouse) qu'aux administrateurs. Un isolement qui pourrait toucher à sa fin...
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