À Antony, comme dans d'autres villes d'Île de France, Gecina, après avoir vendu une partie de son parc résidentiel à Westbrook Partners, lance le projet Danaé et vend à la découpe plusieurs résidences parmi les moins rentables (*). Les locataires doivent acheter ou partir.
Pour les locataires de la résidence Jeanne d'Arc, les choses se gâtent début février 2006 avec l'annonce par Gecina d'une opération de métrage des locaux (loi Carrez). La nouvelle de la vente tombe fin mars 2006 et est suivie, fin avril, d'une réunion d'information générale (RIG). La procédure de vente à la découpe est lancée.
Contrairement à ce qui passe dans d'autres communes des Hauts de Seine, telles Ville d'Avray ou Saint-Cloud, ou encore Sèvres, nos élus, de tous bords, réagissent avec discrétion... tout en songeant peut-être à la manne des droits de mutation.
À dire vrai, les ennuis avaient commencé beaucoup plus tôt, le 27 novembre 2007 précisément ,avec un amendement du sénateur Marini, lequel sénateur se souviendra plus tard du rôle particulier de Gecina dans le phénomène médiatisé des ventes à la découpe. On reparlera encore de Gecina à l'Assemblée Nationale en octobre 2006 mais aussi au Sénat de manière lyrique.
Les failles du régime fiscal des SIIC ont attiré nos voisins d'outre Pyrénées ce qui a donné lieu à des batailles encore en cours au centre desquelles se retrouve... Gecina désormais filiale de Metrovacesa, Gecina qui cherche, par ailleurs, à externaliser la "faible" rentabilité de ses actifs en immobilier résidentiel vers une filiale : ResiCo tout en bénéficiant des dernières évolutions du régime des SIIC (volets 3 puis 4) (**).
Des ennuis finalement assez prévisibles et auxquels ont échappé les associations qui se sont battu ici, là et ailleurs. Un exemple parmi d'autres : celui du 60, rue de Charonne : quelques locataires créent une association, engagent des recours puis obtiennent, sans finalement devoir aller devant les tribunaux, que le bailleur ouvre une négociation qui débouchera, selon les cas, sur une réduction du prix d'achat, une reconduction du bail pour 6 ans ou une indemnité de départ.
En mai 2007, les ventes à la découpe semblent s'essouffler. Les prix de l'immobilier marquent le pas en partie parce que l'endettement des ménages atteint un acmé. Dans les locaux de la Résidence Jeanne d'Arc s'est tenue, le 24 mai 2007, la première assemblée générale de copropriétaires, en toute sérénité mais sans préjuger de la suite des évènements tant l'exposition de Gecina au secteur résidentiel est jugée risquée par certains analystes, une source éventuelle de surprises...
(*) Une rentabilité jugée faible tant à cause de l'augmentation "trop" raisonnable des loyers payés par les locataires les plus anciens qu'en raison des travaux de rénovation qui s'annoncent du fait de l'évolution de la législation en matière de performance énergétique.
(**) Ces dispositions visent "à faciliter les capacités d'investissements des SIIC. Celles-ci seront désormais autorisées à réaliser des opérations de portage en commun par plusieurs acteurs, alors que jusque là seuls majoritaires de ces partenariats disposaient d'avantages fiscaux... A l'intérieur d'un même groupe, il sera également permis de réaliser des cessions d'actifs immobiliers sans avoir à distribuer les plus values comptables."

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