La lettre recommandée a la singularité d'avoir une valeur juridique, au point que son usage est par certains textes legislatifs - notamment, mais pas seulement, les baux et les procédures - comme le rappelle le site de La Poste.
En règle générale, lorsque l'effet de ce type de lettre est de faire courir un délai, ce délai débute à la date de première présentation quand bien même le destinataire aurait refusé le courrier ou ne serait pas allé le chercher à la poste.
Une exception au moins : le congé dans le cadre d'un bail.
Tout d'abord, les articles 668 et 669 du Nouveau Code de Procédure Civile disposent que la date de réception d'une notification faite par lettre recommandée avec demande d'avis de réception est celle qui est apposée par
l'administration des postes lors de la remise de la lettre à son destinataire
Or, dans le cas d'un congé, délai il y a : six mois avant la fin du bail (article 15 de la loi du 6 juillet 1989). Que se passe t-il lorsque le destinataire est absent, refuse le pli ou ne va pas le chercher à La Poste ?
C'est à cette question que la Cour de Cassation a répondu dans un arrêt du 2 février 2005 relatif au congé dans le cadre d'un bail si l'on en croit le Cabinet Touzet Bocquet et Associés : la computation du délai se fait au regard de la date de réception de la notification soit la date de remise de la lettre au destinataire.
Du coup, les bailleurs, prudents, préfèrent parfois donner congé par exploit d'huissier (acte extra-judiciaire) car dans ce cas, le délai est calculé sur la base de la date de signification - articles 653 et suivants du NCPC -, que le destinataire soit présent ou non.
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